Histoire de la babouche

Carolyn Asome revient sur la longue histoire de la babouche et sur sa réinterprétation très moderne par Bally
A variety of Bally babouche slippers from the SS16 collection, image taken from the Bally Journal Issue 02
Les puristes douteront sans doute des bienfaits orthopédiques d’une chaussure qui n’est rien d’autre qu’un chausson structuré (recouvert de soie), mais les fashion addicts ont depuis longtemps adopté les babouches d’Aladin. Originaire du Moyen-Orient, la babouche traditionnelle chausse les bédouins et les rois depuis des siècles. Le terme français de « babouche » vient de l’arabe « babush » ou du perse « papush ». Avec ses faux airs de chausson pointu, cette chaussure plate était très en vogue au XVIIe siècle chez les courtisans français. Peut-être à cause de sa semelle très souple, image d’une certaine désinvolture vestimentaire et d’une cour remplie d’une armée de valets et domestiques avec – plus important – un cocher.Les babouches prisées des journalistes de mode ne rebiquent pas au niveau du pouce comme les modèles d’inspiration médiévale vendus dans les souks de Marrakech. La babouche a fière allure cette saison et s’impose avec panache face à la ballerine ou la sandale orthopédique. Même avec une semelle plus rigide pour plus de praticité, il émane toujours d’elle une impression de confort et de nonchalance discrète. Les réfractaires à une mode axée sur le confort se laisseront peut-être tenter par une chaussure indéniablement plus élégante.
La version Bally – interprétation contemporaine subversive du mocassin classique – est conçue pour être portée de deux manières : le talon remonté pour soutenir le pied lors de promenades en ville ou rabattu sous des pieds nus bronzés, pour un look décontracté très tendance. Les modèles sont disponibles dans plusieurs matières et coloris : daim rose clair ou jaune banane, cuir de taurillon ou aspect croco en coloris crème.Avec sa boucle cuivrée, le modèle de la collection 2016 est à la fois suffisamment raffiné pour être porté au bureau avec un palazzo – ces pantalons extra larges – ou une robe chemise pour l’été, et décontracté pour s’accorder avec une tenue de week-end. Pour la collection pré-automne, les modèles sont enveloppés d’une soie monogrammée qui ne va pas sans rappeler une époque oubliée que le monde de la mode n’a de cesse de réinventer.Peu d’autres chaussures plates affichent la polyvalence de la babouche : cette chaussure emblématique des vacances et incarnation d’une élégance informelle vous accompagnera du déjeuner au dîner, en balade au Forum romain ou pour le cocktail au bord de la piscine. Quel que soit votre choix, vous allez avoir du mal à vous contenter d’une seule paire ! Carolyn Asome est rédactrice en chef adjointe « mode » au Times